Je reviens chercher l’illusion des choses D’autrefois, afin de gémir en secret Et d’ensevelir notre amour sous les roses Blanches du regret. Car je me souviens des divines attentes, De l’ombre et des soirs fébriles de jadis… Parmi les soupirs et les larmes ardentes, Je t’aimais, Atthis ! J’aimais tes cheveux tramés de clairs de … Lire la suite
Poésie
L’amour borgne – Renée Vivien
Je t’aime de mon œil unique, je te lorgne Ainsi qu’un chinois l’opium : Je t’aime de mon amour borgne, Fille aussi blanche qu’un arum. Je veux tes paupières de bistre, Et ta voix plus lente qu’un sistre ; Je t’aime de mon œil sinistre Où luit la colère du rhum. Je te suis du … Lire la suite
À Ninon – Alfred de Musset
Si je vous le disais pourtant, que je vous aime, Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ? L’amour, vous le savez, cause une peine extrême ; C’est un mal sans pitié que vous plaignez vous-même ; Peut-être cependant que vous m’en puniriez. Si je vous le disais, que six mois … Lire la suite
Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine – Victor Hugo
Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine ; Puisque j’ai dans tes mains posé mon front pâli ; Puisque j’ai respiré parfois la douce haleine De ton âme, parfum dans l’ombre enseveli ; Puisqu’il me fut donné de t’entendre me dire Les mots où se répand le coeur mystérieux ; Puisque j’ai … Lire la suite
1er janvier – Victor Hugo
Enfant, on vous dira plus tard que le grand-père Vous adorait ; qu’il fit de son mieux sur la terre, Qu’il eut fort peu de joie et beaucoup d’envieux, Qu’au temps où vous étiez petits il était vieux, Qu’il n’avait pas de mots bourrus ni d’airs moroses, Et qu’il vous a quittés dans la saison … Lire la suite
Les deux Mulets – Jean de La Fontaine
Deux mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé, L’autre portant l’argent de la gabelle. Celui-ci, glorieux d’une charge si belle, N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé. Il marchait d’un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette : Quand l’ennemi se présentant, Comme il en voulait à l’argent, Sur le mulet du fisc une troupe se jette, Le … Lire la suite
Les Frelons et les Mouches à miel – Jean de La Fontaine
A l’œuvre on connaît l’artisan. Quelques rayons de miel sans maître se trouvèrent : Des frelons les réclamèrent ; Des abeilles s’opposant, Devant certaine guêpe on traduisit la cause. Il était malaisé de décider la chose : Les témoins déposaient qu’autour de ces rayons Des animaux ailés, bourdonnants, un peu longs, De couleur fort tannée, et tels que … Lire la suite
Le Corbeau voulant imiter l’Aigle – Jean de La Fontaine
L’oiseau de Jupiter enlevant un mouton, Un corbeau, témoin de l’affaire, Et plus faible de reins, mais non pas moins glouton, En voulut sur l’heure autant faire. Il tourne à l’entour du troupeau, Marque entre cent moutons le plus gras, le plus beau, Un vrai mouton de sacrifice : On l’avait réservé pour la bouche des … Lire la suite
L’Homme à la Nature – Louise Ackermann
Eh bien ! reprends-le donc ce peu de fange obscure Qui pour quelques instants s’anima sous ta main ; Dans ton dédain superbe, implacable Nature, Brise à jamais le moule humain. De ces tristes débris quand tu verrais, ravie, D’autres créations éclore à grands essaims, Ton Idée éclater en des formes de vie Plus dociles à tes … Lire la suite
Plus c’était un baiser – Eugène Emile Paul Grindel, dit Paul Eluard
Plus c’était un baiser Moins les mains sur les yeux Les halos de lumière Aux lèvres de l’horizon Et des tourbillons de sang Qui se livraient au silence. Plus c’était un baiserPoèmes de Eugène Emile Paul Grindel, dit Paul Eluard Citations de Eugène Emile Paul Grindel, dit Paul Eluard