A George Sand (III) – Alfred de Musset

Puisque votre moulin tourne avec tous les vents, Allez, braves humains, où le vent vous entraîne ;Jouez, en bons bouffons, la comédie humaine ; Je vous ai trop connus pour être de vos gens. Ne croyez pourtant pas qu’en quittant votre scène, Je garde contre vous ni colère ni haine, Vous qui m’avez fait vieux … Lire la suite­­

De la Lumière ! – Louise Ackermann

Quand le vieux Gœthe un jour cria : « De la lumière ! » Contre l’obscurité luttant avec effort, Ah ! Lui du moins déjà sentait sur sa paupière Peser le voile de la mort. Nous, pour le proférer ce même cri terrible, Nous avons devancé les affres du trépas ; Notre œil perçoit encore, oui ! Mais, supplice horrible ! C’est notre … Lire la suite­­

La Muse malade – Charles Baudelaire

Ma pauvre muse, hélas ! Qu’as-tu donc ce matin ? Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes, Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint La folie et l’horreur, froides et taciturnes. Le succube verdâtre et le rose lutin T’ont-ils versé la peur et l’amour de leurs urnes ? Le cauchemar, d’un … Lire la suite­­

Aveu dans le silence – Renée Vivien

Dans l’orage secret, dans le désordre extrême Je n’ose m’avouer à moi-même que j’aime ! Cela m’est trop cruel, trop terrible… Mais j’aime ! Pourquoi je l’aime ainsi ? L’éclat de ses cheveux… Sa bouche… Son regard !… Ce qu’elle veut, je veux. Je ne vis que de la clarté de ses cheveux… Et je … Lire la suite­­

Je serai toujours vierge – Renée Vivien

Je demeurerai vierge comme la neige Sereine, qui dort là-bas d’un blanc sommeil, Qui dort pâlement, et que l’hiver protège Du brutal soleil. Et j’ignorerai la souillure et l’empreinte Comme l’eau du fleuve et l’haleine du nord. Je fuirai l’horreur sanglante de l’étreinte, Du baiser qui mord. Je demeurai vierge comme la lune Qui se … Lire la suite­­