Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles

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À présent que j’ai bien connu
Ton visage calme et suave,
Et, dans leur repos triste et brave,
L’allongement de tes doigts nus,

Comment voudrais-tu qu’autre chose
Ne provoquât pas mon dédain ?
Comment aimer encor la rose
Vaine et fringante des jardins ?

Comment goûter avec folie,
Comme je faisais autrefois,
Les grandes feuilles amollies
Qui forment le dôme des bois ?

Comment vanter l’azur ? Ah! puis-je
Chanter,encor les vastes cieux,
Moi qui chancelle du vertige
De voir, dans le bleu de tes yeux,
Le profond espace !

Ô prunelles
Anxieuses, au fond desquelles
Tournoie une noire hirondelle…

Poème de l’amour
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