Jadis je me sentais unique,
Je vivais sous mes propres lois.
Aujourd’hui j’échange avec toi
La vie orageuse et mystique.
Songe, à ce transfert magnifique !

Par ce tendre appauvrissement
Je n’ai plus rien qui soit vraiment
Ma solitude et ma défense;
Et même quand la nuit commence,
Solitaire, avec le fardeau
De ta vague et pesante absence,
Le glissant enchevêtrement
Des sombres cheveux sur mon dos
N’appartient plus à mon repos,
Mais me rattache à toi. – Je pense
À ta suave bienfaisance,
Quand tu jettes à demi-mot,
À travers la grâce et l’offense,
Sur mon coeur bandé de sanglots,
Un chant moins long que mon écho…

Poème de l’amour
Poèmes de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles

Citations de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles

Autres poésies :

  1. Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Éros - Les volets, les rideaux, les portes Ont protégé notre bonheur; Mais, ô mon amie, ô ma morte, Toi qui meurs, qui vis et remeurs, En ce moment où monte à peine Ta lasse respiration, Que fais-tu de ta passion ? Quel est ton plaisir ou ta peine ? Écho - Ne demande [...]...
  2. L’Amour et la Mort – Louise Ackermann À M. Louis de Ronchaud I Regardez-les passer, ces couples éphémères ! Dans les bras l’un de l’autre enlacés un moment, Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières, Font le même serment : Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent Avec étonnement entendent prononcer, Et qu’osent répéter des lèvres qui pâlissent Et qui vont se glacer. Vous qui vivez si [...]...
  3. Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Moi-même j’ai pensé parfois Que la flamme de mon esprit Magnifiait ton coeur surpris; Mais non; le trésor est en toi. Et ce que j’imagine n’est, (Si fort que soit mon tendre élan Quand les jours sont trop durs, trop lents,) Qu’égal à ce que je connais…Poème de l’amourPoèmes de Anna de Brancovan, comtesse de [...]...
  4. Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Quand je t’ai raconté l’histoire De mon amour grave, inquiet, J’ai pensé que je t’effrayais, J’ai cru que tu n’y pourrais croire. Mais sans honte, sans peur, sans gloire, Tu m’as dit que tu me croyais. - Tu m’as dit ces mots nécessaires, D’une voix sûre, et doucement; Quel autre cadeau peux-tu faire À ce [...]...
  5. Poème d’amour – Renée Vivien O toi qui savamment jettes un beau regard, Bleu comme les minuits, à travers les fenêtres, Je te vis sur la route où j’errais au hasard Des parfums et de l’heure et des rires champêtres. Le soleil blondissait tes cheveux d’un long rai, Tes prunelles sur moi dardaient leur double flamme ; Tu m’apparus, ô [...]...
  6. Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Tu m’enchantes, je te supporte; Songe combien ce mot est doux ! J’abdique quand je deviens nous, J’accepte d’être cette morte; Ton charme, moins doux que tes torts, A dispersé ma solitude; C’est te préférer à mon sort, À ma vie, à son amplitude, Que de constater sans remords. Ce suave et secret accord Par [...]...
  7. Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Quand tu me plaisais tant que j’en pouvais mourir, Quand je mettais l’ardeur et la paix sous ton toit, Quand je riais sans joie et souffrais sans gémir, Afin d’être un climat constant autour de toi; Quand ma calme, obstinée et fière déraison Te confondait avec le puissant univers, Si bien que mon esprit [...]...
  8. Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Quand tu me plaisais tant que j’en pouvais mourir, Quand je mettais l’ardeur et la paix sous ton toit, Quand je riais sans joie et souffrais sans gémir, Afin d’être un climat constant autour de toi; Quand ma calme, obstinée et fière déraison Te confondait avec le puissant univers, Si bien que mon esprit [...]...
  9. Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Nous t’avons bien redouté, Bien haï, bien rejeté, D’un coeur résistant et sûr, Par suave excès d’azur, Par excès de volupté, Néant sans maux ni défauts; Mais nous voici bien en peine Si tu nous rends notre haine. - Vieille Mort avec ta faux Viens moissonner les soupirs De nos esprits sans plaisir… - Plaignons [...]...
  10. Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Certes j’aime ce que je pense La force éparse des idées Me semble par mon coeur aidée ! J’espère, je crois, je dépense Mes ailes aux amples coudées. Le front brûlant, l’âme obsédée, Je puis mourir de turbulence. - Mais toi seul est ma récompense…Poème de l’amourPoèmes de Anna de Brancovan, comtesse de NoaillesCitations de [...]...