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Une réponse à “Les Membres et l’Estomac – Jean de La Fontaine”

  1. dicocitations

    ommentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine… – 1803.
    Un écrivain inspiré, dans qui la philosophie dut reconnoître les (Tome .I)
    talens qui prouvent le génie, avant que la religion ne l'élevât sur ses autels, S. Paul, dans une de ses Epîtres , s'exprime ainsi : " Si le pied disoit: puisque je ne suis pas la main, je ne suis pas du corps ; est-ce que pour cela il ne scroit pas du corps? Et si l'o reille disoit : puisque je ne suis pas l'œil, je ne suis pas du corps ; est-ce que pour cela il n'est pas du corps ? Si tout le corps étoit œil, où seroit l'ouïe ? et s'il étoit tout ouïe, où seroit l'odorat ?… Or l'œil ne peut pas dire à la main, je n'ai pas besoin de votre secours, ni la tête dire aux pieds, vous ne m'êtes point nécessaires, etc.». (II. Cor. 12.) Dans cette supposition de l'Apôtre, vous découvrez les germes de la discorde des membres : encore un pas, et vous avez l'apologue. Témoin ce morceau de Rabelais : « Que chaque chose se mette à ne plus rien prester à autrui, vous allez voir, dit-il, ung terrible tintamarre. La teste ne vouldra prester la veue de ses yeux pour guider les pieds et les mains ; les pieds ne la daigneront porter. . . ; le cœur se faschera de tant se mouvoir pour le pouls des membres , et ne leur prestera plus…. Somme en ce monde delsrayé , rien ne debvant, rien ne prestant, rien n'empruntant, vous voirrez une conspiration plus pernicieuse que n'a figuré Esope en son apologue, et périra sans doute ». (Pantagr. L. III. ch. 3. Voyez aussi le Jouvencel, bien antérieur au Pantagruel, fol. 94 à 97.)
    (1) Je devois par la royauté
    Avoir commencé. On ne se permettroit plus aujourd'hui ce double emploi du prétérit.
    (2) Gaster. L'Estomac, Rabelais, (L. IV. ch. 57) : « La sentence du satyrique est vraye, qui dict messere Gaster estre de touts arts le mestre ». ( Ingenii largitor venter. Perse. )
    (3) De vivre en Gentilhomme. Trait de satyre. L'étymologie de ce mot rend vraiment piquante l'application que La Fontaine en fait ici. Le Pogge, dans une de ses lettres, nous instruit qu'il est d'origine vénitienne : Gen-tiles homInes, ut vestro verbo utar, dit-il , en écrivant au noble Greg. Coriario, p. 326. Or, on sait les privilèges des nobles vénitiens.
    (4) Chommons, Chommer, ne rien faire, comme aux jours de fête. La Monnoie dérive ce mot de chaume, ce qui couvre la cabane du pauvre, parce que « aux jours de fête, il demeure en repos sous le chaume. » ( OEuvr.T. .I édit.in-40. pag. 385).
    (5) Ceci peut s'appliquer à la grandeur royale. L'auteur de l'ouvrage intitule: Code de la Naure (Diderot), conteste la justesse de l'application de cet apologue au gouvernement monarchique. Peut-être ne seroit il pas difficile d'opposer à son opinion d'autres raisonnement et d'autres autorites ; mais la Révolution Française a mis le scellé sur la tombe des défenseurs de la royauté.
    (6) Menenius le sut bien dire. Ce fait est consigné dans Tite Live, L. II. Valere Maxime, L. VIII. ch. 9» Florus, L. I. ch. 23, et les autres historiens de la République romaine. Le Sophocle anglais, Shakespeare, en a fait un beau commentaire dans son Coriolan.

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