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2 réponses à “L’Ivrogne et sa Femme – Jean de La Fontaine”

  1. dicocitations

    Une femme avait un ivrogne pour mari. Voulant le délivrer de ce vice, elle imagina la ruse que voici.

    Quand elle le vit alourdi par l'excès de boisson et insensible comme un mort, elle le prit sur ses épaules, l'emporta et le déposa au cimetière, puis elle repartit. Quand elle pensa qu'il avait repris ses sens, elle revint au cimetière et heurta à la porte. L'ivrogne dit:
    – Qui frappe ?
    La femme répondit:
    – C'est moi, celui qui porte à manger aux morts.
    Et l'autre:
    – Ce n'est pas à manger, l'ami, mais à boire qu'il faut m'apporter. Tu me fais de la peine en parlant de nourriture au lieu de boisson.
    Et la femme, se frappant la poitrine:
    – Hélas, malheureuse, dit-elle, ma ruse n'a servi de rien. Car toi, mon mari, non seulement tu n'en es pas amandé, mais tu es devenu pire encore, puisque ta maladie est tournée en habitude.

    Cette fable montre qu'il ne faut pas s'attarder aux mauvaises actions, car même sans le vouloir, l'homme est la proie de l'habitude.

  2. dicocitations

    Commentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine… – 1803.
    Cette fiction trouveroit mieux sa place parmi les contes de La Monnoie ou les épigrammes de J. B. Rousseau, que dans un recueil d'apologues, genre auquel la fiction n'appartient, à proprement parler, qu'autant qu'elle a des animaux pour acteurs. Au reste, l'anecdote est vraie : elle eut lieu en 155o. Le personnage étoit un Avocat, ainsi mistifié par sa femme. On peut la lire dans les Diverses Leçons de Louis Guyon. (T. I. L. II. ch. 15. )
    (1) A son réveil il treuve,pour il trouve. Vieux mot qui se rencontre fréquemment dans les anciens auteurs : Ne permets point que de mort fasse épreuve, Et que plus que toi pytoiable la treuve. ( Louise Labbe, Elégie III. pag. 118. ) et dans La Fontaine lui-même. (Voyez la fable du Testament expliqué par Esope, L.II. fab. 20.)
    (2) Chaudeau, ou potage. Vieux mot qui tient à la même racine que le mot chaudière, chaud-eau (aqua calida); comme celui de bouillon vient de eau bouillante.
    (3) La célerière du royaume de Satan. Célerier ou cellerier, celui qui, dans les maisons religieuses, a l'office d' approvisionner le couvent.

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