Dédain de Psappha – Renée Vivien


Vous qui me jugez, vous n’êtes rien pour moi.

J’ai trop contemplé les ombres infinies.

Je n’ai point l’orgueil de vos fleurs, ni l’effroi

De vos calomnies.

Vous ne saurez point ternir la pitié

De ma passion pour la beauté des femmes,

Changeantes ainsi que les couchants d’été,

Les flots et les flammes.

Rien ne souillera les fronts éblouissants

Que frôlent mes chants brisés et mon haleine.

Comme une Statue au milieu des passants,

J’ai l’âme sereine.

Dédain de Psappha
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