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	<title>Commentaires sur : Le Lion et le Moucheron &#8211;  Jean de La Fontaine</title>
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	<description>Il faudrait laisser des livres partout. A un moment ou à un autre quelqu'un les ouvrira sans doute. Et faire de même avec la poésie: laisser des poèmes partout, puisque quelqu'un les reconnaîtra sûrement un jour. [  Roberto Juarroz ]</description>
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		<title>Par : dicocitations</title>
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		<dc:creator>dicocitations</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Oct 2009 08:49:55 +0000</pubDate>
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		<description>(8) Le quadrup&#232;de. Le mot animal n&#039;auroit point cette pompe. Ecume, et son &#339;il &#233;tincelle , il rugit. Ce sont l&#224; les caract&#232;res de la fureur. La pr&#233;cision de ces vers n&#039;en est encore que le moindre m&#233;rite. Quel feu! quelle v&#233;rit&#233; dans ces images: on se cache, on tremble &#224; l&#039;environ ! Ainsi dans la Ph&#232;dre de Racine ? 
Tout fuit , et sans s&#039;armer &#039;un courage inutile , Dans le temple voisin chacun cherche un asile. 
Mais l&#224;, cette terreur est l&#039;ouvrage d&#039;un monstre furieux, vomi des ab&#238;mes de la mer. Elle est ici l&#039;ouvrage, de qui ? d&#039;un Moucheron. Bien que le lecteur ne l&#039;ignore plus, sa surprise n&#039;en est pas moins une jouissance. 
(9) Un avorton de Mouche ajoute encore &#224; la force du contraste. Ce n&#039;est pas tout : l&#039;invisible ennemi, un avorton s&#039;apper &#231;oit; mais lui, il est si petit, si subtil, qu&#039;il se d&#233;robe &#224; la plus per&#231;ante vue. Et rit de voir qu&#039;il n&#039;est griffe ni dent. Il a r&#233;ussi &#224; armer son ennemi contre lui-m&#234;me. Les vers qui suivent sont de la plus grande force. Toute cette tirade est parfaite. 
(10) But l&#039;air qui n&#039;en peut mais. Expression commune dans les anciens auteurs. Est-ce que j&#039;en puis mais, (Moli&#232;re, dans l&#039;Ecole 
des Femmes, Acte V. sc. 4.) Des &#233;crivains en prose , d&#039;ailleurs tr&#232;s estimable l&#039;ont employ&#233;e. &#171; On brise des chars de triomphe qui n&#039;en peuvent mais , &#187; a dit l&#039;abb&#233; Batteux, ( Cours de Belles-Lettres. T. III. page 144.) 
(11) Le voil&#224; sur les dents. Enfin il n&#039;y a plus de doute sur l&#039;issue du combat. Le plus fort des animaux a succomb&#233; sous l&#039;aiguillon d&#039;un insecte. Il est sur les dents. Rien ne manque &#224; l&#039;ignominie de la d&#233;faite. 
Voyez dans Florian (Liv. II. fab.14) , une description de la col&#232;re du Lion. 
(12) Comme il sonna la charge, il sonne la victoire. Quelle importance ce vers donne au redoutable ennemi ! Seul il suffit &#224; tout; la r&#233;p&#233;tition du mot sonne, le fait voir en t&#234;te comme au terme du combat. M. l&#039;abb&#233; de Lille a imit&#233; ce vers d&#039;une mani&#232;re admirable. 
Que j&#039;observe de pr&#232;s ces clairons, ces tambours, Signal de vos fureurs, signal de vos amours, Qui guidoient vos h&#233;ros dans les champs de la gloire , Et sonnoient le danger, la charge et la victoire. 
( G&#233;orgiques franc. Chant III. ) 
(13) Et rencontre en chemin 
L&#039;embuscade d&#039;une Araign&#233;e. La fable change d&#039;action, et devient un second apologue soumis &#224; sa morale particuli&#232;re : ce qui est contre le pr&#233;cepte de l&#039;unit&#233;. Du teste cette fable est si belle, l&#039;int&#233;r&#234;t est si anim&#233;, si soutenu, la morale r&#233;sultant de cette duplicit&#233; d&#039;action si philosophique, qu&#039;il faut reprocher non &#224; La Fontaine d&#039;avoir manqu&#233; &#224; l&#039;art, mais &#224; l&#039;art d&#039;&#234;tre si s&#233;v&#232;re. Pour achever l&#039;&#233;loge de ce chef-d&#039;&#339;uvre , qu&#039;on le compare &#224; la fable de Dorat, intitul&#233;e : l&#039;Aigle et le Moucheron. C&#039;est &#124;a lutte du bel esprit contre le g&#233;nie. 
Allant, venant, sifflant, l&#039;&#233;cervel&#233; s&#039;en donne ; Ag&#233; d&#039;une minute, il est d&#233;j&#224; barbon : 
Il brave le qu&#039;en dira-t-on, 
Et pr&#232;s de son altesse &#224; tue-t&#234;te il fredonne. 
Qui ne vit qu&#039;un moment ne peut nuire &#224; personne, 
Et doit vivre du moins comme il lui semble bon : 
Aussi fait-il. Il caracole Sur le bec du roi des oiseaux, Le pique &#224; l&#039;&#339;il, et gaiment le d&#233;sole, Puis orgueilleusement se perche sur son dos. 
L&#039;Aigle, au lieu de battre de l&#039;aile 
Et de prendre son vol vers la vo&#251;te &#233;ternelle , 
Se courrouce mal-&#224;-propos : Il attaque l&#039;insecte, il daigne le poursuivre, Ouvre sa large serre , et perdant la raison, 
A toute sa rage il se livre </description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>(8) Le quadrup&egrave;de. Le mot animal n&#039;auroit point cette pompe. Ecume, et son &oelig;il &eacute;tincelle , il rugit. Ce sont l&agrave; les caract&egrave;res de la fureur. La pr&eacute;cision de ces vers n&#039;en est encore que le moindre m&eacute;rite. Quel feu! quelle v&eacute;rit&eacute; dans ces images: on se cache, on tremble &agrave; l&#039;environ ! Ainsi dans la Ph&egrave;dre de Racine ?<br />
Tout fuit , et sans s&#039;armer &#039;un courage inutile , Dans le temple voisin chacun cherche un asile.<br />
Mais l&agrave;, cette terreur est l&#039;ouvrage d&#039;un monstre furieux, vomi des ab&icirc;mes de la mer. Elle est ici l&#039;ouvrage, de qui ? d&#039;un Moucheron. Bien que le lecteur ne l&#039;ignore plus, sa surprise n&#039;en est pas moins une jouissance.<br />
(9) Un avorton de Mouche ajoute encore &agrave; la force du contraste. Ce n&#039;est pas tout : l&#039;invisible ennemi, un avorton s&#039;apper &ccedil;oit; mais lui, il est si petit, si subtil, qu&#039;il se d&eacute;robe &agrave; la plus per&ccedil;ante vue. Et rit de voir qu&#039;il n&#039;est griffe ni dent. Il a r&eacute;ussi &agrave; armer son ennemi contre lui-m&ecirc;me. Les vers qui suivent sont de la plus grande force. Toute cette tirade est parfaite.<br />
(10) But l&#039;air qui n&#039;en peut mais. Expression commune dans les anciens auteurs. Est-ce que j&#039;en puis mais, (Moli&egrave;re, dans l&#039;Ecole<br />
des Femmes, Acte V. sc. 4.) Des &eacute;crivains en prose , d&#039;ailleurs tr&egrave;s estimable l&#039;ont employ&eacute;e. &laquo; On brise des chars de triomphe qui n&#039;en peuvent mais , &raquo; a dit l&#039;abb&eacute; Batteux, ( Cours de Belles-Lettres. T. III. page 144.)<br />
(11) Le voil&agrave; sur les dents. Enfin il n&#039;y a plus de doute sur l&#039;issue du combat. Le plus fort des animaux a succomb&eacute; sous l&#039;aiguillon d&#039;un insecte. Il est sur les dents. Rien ne manque &agrave; l&#039;ignominie de la d&eacute;faite.<br />
Voyez dans Florian (Liv. II. fab.14) , une description de la col&egrave;re du Lion.<br />
(12) Comme il sonna la charge, il sonne la victoire. Quelle importance ce vers donne au redoutable ennemi ! Seul il suffit &agrave; tout; la r&eacute;p&eacute;tition du mot sonne, le fait voir en t&ecirc;te comme au terme du combat. M. l&#039;abb&eacute; de Lille a imit&eacute; ce vers d&#039;une mani&egrave;re admirable.<br />
Que j&#039;observe de pr&egrave;s ces clairons, ces tambours, Signal de vos fureurs, signal de vos amours, Qui guidoient vos h&eacute;ros dans les champs de la gloire , Et sonnoient le danger, la charge et la victoire.<br />
( G&eacute;orgiques franc. Chant III. )<br />
(13) Et rencontre en chemin<br />
L&#039;embuscade d&#039;une Araign&eacute;e. La fable change d&#039;action, et devient un second apologue soumis &agrave; sa morale particuli&egrave;re : ce qui est contre le pr&eacute;cepte de l&#039;unit&eacute;. Du teste cette fable est si belle, l&#039;int&eacute;r&ecirc;t est si anim&eacute;, si soutenu, la morale r&eacute;sultant de cette duplicit&eacute; d&#039;action si philosophique, qu&#039;il faut reprocher non &agrave; La Fontaine d&#039;avoir manqu&eacute; &agrave; l&#039;art, mais &agrave; l&#039;art d&#039;&ecirc;tre si s&eacute;v&egrave;re. Pour achever l&#039;&eacute;loge de ce chef-d&#039;&oelig;uvre , qu&#039;on le compare &agrave; la fable de Dorat, intitul&eacute;e : l&#039;Aigle et le Moucheron. C&#039;est |a lutte du bel esprit contre le g&eacute;nie.<br />
Allant, venant, sifflant, l&#039;&eacute;cervel&eacute; s&#039;en donne ; Ag&eacute; d&#039;une minute, il est d&eacute;j&agrave; barbon :<br />
Il brave le qu&#039;en dira-t-on,<br />
Et pr&egrave;s de son altesse &agrave; tue-t&ecirc;te il fredonne.<br />
Qui ne vit qu&#039;un moment ne peut nuire &agrave; personne,<br />
Et doit vivre du moins comme il lui semble bon :<br />
Aussi fait-il. Il caracole Sur le bec du roi des oiseaux, Le pique &agrave; l&#039;&oelig;il, et gaiment le d&eacute;sole, Puis orgueilleusement se perche sur son dos.<br />
L&#039;Aigle, au lieu de battre de l&#039;aile<br />
Et de prendre son vol vers la vo&ucirc;te &eacute;ternelle ,<br />
Se courrouce mal-&agrave;-propos : Il attaque l&#039;insecte, il daigne le poursuivre, Ouvre sa large serre , et perdant la raison,<br />
A toute sa rage il se livre</p>
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		<title>Par : dicocitations</title>
		<link>http://www.dico-poemes.com/va-t-en-ch-tif-insecte-excr-ment-de-la-terre-c-est-en-ces-mot-la-fontaine-jean-de/comment-page-1/#comment-94</link>
		<dc:creator>dicocitations</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Oct 2009 08:49:08 +0000</pubDate>
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		<description>Commentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine... 1803. 
(1) Va-t-en, ch&#233;tif insecte, excr&#233;ment de la terre. Quelle mer veilleuse vari&#233;t&#233; le po&#232;te a su mettre dans ses exordes ! Celui dit Ch&#234;ne et du Roseau offre quelque rapport avec celui-ci : m&#234;me orgueil dans le ton avec lequel s&#039;expliquent les divers acteurs. Le Lion joue ici le r&#244;le du Ch&#234;ne dans cette fable ; mais l&#224; le po&#232;te a nomm&#233; ses interlocuteurs : Le Ch&#234;ne un jour dit au Roseau. Ici on n&#039;a point encore vu les personnages : &#224; qui s&#039;adresse ce langage insultant, ces expressions pleines du plus orgueilleux m&#233;pris? Ch&#233;tif insecte, excr&#233;ment de la terre. En peut-on imaginer de plus avilissantes ? On ne le conno&#238;t pas encore, ce m&#233;prisable ennemi : on le d&#233;sire , on l&#039;attend, on s&#039;int&#233;resse &#224; lui plus que s&#039;il &#233;toit d&#233;j&#224; connu. 
On lit dans une tr&#232;s-belle ode, plus ancienne que nos fables : 
Va-t&#039;-en &#224; la malheure, excr&#233;ment de la terre , Monstre, etc. 
Surquoi M&#233;nage, par qui elle est cit&#233;e, observe que cet h&#233;mistiche; excr&#233;ment de la terre, &#171; lui semble trop bas pour un tyran plus ha&#239; que m&#233;pris&#233; ; ce mot ne signifiant que mouches, vermisseaux et autres cr&#233;atures imparfaites qui se forment de la corruption de la terre, etc. &#187; (M&#233;nage, sur Malherbe, page 443. Paris, Basbin, 1699). (2) L&#039;autre lui d&#233;clara la guerre. Le contraste est frappant : une d&#233;claration de guerre , voil&#224; sa r&#233;ponse. Pouvoit-on s&#039;y attendre ? Quel puissant int&#233;r&#234;t va na&#238;tre de cette surprise ! 
(3) Penses-tu, lui dit-il, que ton titre de roi. C&#039;est l&#224; son manifeste. On diroit qu&#039;il lui fait gr&#226;ce encore de lui passer ce titre de roi. Le Romain de Corneille n&#039;est pas plus fier, quand il prononce: 
Pour &#234;tre plus qu&#039;un roi, tu te crois quelque chose. 
(4) Me fasse peur ni me soucie? M&#039;inspire ou crainte ou respect. Ni l&#039;un ni l&#039;autre. Il y a du raisonnement dans le Moucheron ; il n&#039;y a que de la col&#232;re dans le Lion. Les caract&#232;res se prononcent : on se pr&#233;vient involontairement en faveur du plus foible, contre son insolent agresseur. On n&#039;est point f&#226;ch&#233; de voir humilier une force qui n&#039;est que brutale. 
(5) Un B&#339;uf est plus puissant. II ne dit point, plus fort ni plus courageux; ce qui seroit contre la v&#233;rit&#233;. Puissant se dit de la taille, et convient au B&#339;uf. 
(6) Que lui-m&#234;me il sonna la charge. Voil&#224; les appr&#234;ts du combat. On voit les adversaires en pr&#233;sence: un nain contre un g&#233;ant ! N&#039;importe, le contraste en est plus piquant. Le po&#232;te profite avec adresse du bourdonnement de l&#039;insecte, pour en faire l&#039;accent de la trompette, et le pr&#233;lude de l&#039;attaque. 
(7) Il se met au large. Comme ces expressions agrandissent le foible adversaire du Lion ! C&#039;est un athl&#232;te qui a franchi la barri&#232;re pour entrer dans l&#039;ar&#234;ne. Puis prend son temps. Tout est gradu&#233;. Le po&#232;te fut spectateur du combat avant d&#039;en &#234;tre l&#039;historien. Prend son temps. Rien n&#039;est donne au hasard, ni &#224; la pr&#233;cipitation. Ces mouvemens si bien&#039; concert&#233;s, justifient d&#039;avance la victoire de la prudence sur la force. Fond. Ce simple monosyllabe exprime la rapidit&#233; de l&#039;attaque. Rend presque fou. La col&#232;re, disent les philosophes , est une courte d&#233;mence : elle d&#233;sarme, elle encha&#238;ne le courage , elle le livre sans d&#233;fense aux coups de l&#039;ennemi. </description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Commentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine&#8230; 1803.<br />
(1) Va-t-en, ch&eacute;tif insecte, excr&eacute;ment de la terre. Quelle mer veilleuse vari&eacute;t&eacute; le po&egrave;te a su mettre dans ses exordes ! Celui dit Ch&ecirc;ne et du Roseau offre quelque rapport avec celui-ci : m&ecirc;me orgueil dans le ton avec lequel s&#039;expliquent les divers acteurs. Le Lion joue ici le r&ocirc;le du Ch&ecirc;ne dans cette fable ; mais l&agrave; le po&egrave;te a nomm&eacute; ses interlocuteurs : Le Ch&ecirc;ne un jour dit au Roseau. Ici on n&#039;a point encore vu les personnages : &agrave; qui s&#039;adresse ce langage insultant, ces expressions pleines du plus orgueilleux m&eacute;pris? Ch&eacute;tif insecte, excr&eacute;ment de la terre. En peut-on imaginer de plus avilissantes ? On ne le conno&icirc;t pas encore, ce m&eacute;prisable ennemi : on le d&eacute;sire , on l&#039;attend, on s&#039;int&eacute;resse &agrave; lui plus que s&#039;il &eacute;toit d&eacute;j&agrave; connu.<br />
On lit dans une tr&egrave;s-belle ode, plus ancienne que nos fables :<br />
Va-t&#039;-en &agrave; la malheure, excr&eacute;ment de la terre , Monstre, etc.<br />
Surquoi M&eacute;nage, par qui elle est cit&eacute;e, observe que cet h&eacute;mistiche; excr&eacute;ment de la terre, &laquo; lui semble trop bas pour un tyran plus ha&iuml; que m&eacute;pris&eacute; ; ce mot ne signifiant que mouches, vermisseaux et autres cr&eacute;atures imparfaites qui se forment de la corruption de la terre, etc. &raquo; (M&eacute;nage, sur Malherbe, page 443. Paris, Basbin, 1699). (2) L&#039;autre lui d&eacute;clara la guerre. Le contraste est frappant : une d&eacute;claration de guerre , voil&agrave; sa r&eacute;ponse. Pouvoit-on s&#039;y attendre ? Quel puissant int&eacute;r&ecirc;t va na&icirc;tre de cette surprise !<br />
(3) Penses-tu, lui dit-il, que ton titre de roi. C&#039;est l&agrave; son manifeste. On diroit qu&#039;il lui fait gr&acirc;ce encore de lui passer ce titre de roi. Le Romain de Corneille n&#039;est pas plus fier, quand il prononce:<br />
Pour &ecirc;tre plus qu&#039;un roi, tu te crois quelque chose.<br />
(4) Me fasse peur ni me soucie? M&#039;inspire ou crainte ou respect. Ni l&#039;un ni l&#039;autre. Il y a du raisonnement dans le Moucheron ; il n&#039;y a que de la col&egrave;re dans le Lion. Les caract&egrave;res se prononcent : on se pr&eacute;vient involontairement en faveur du plus foible, contre son insolent agresseur. On n&#039;est point f&acirc;ch&eacute; de voir humilier une force qui n&#039;est que brutale.<br />
(5) Un B&oelig;uf est plus puissant. II ne dit point, plus fort ni plus courageux; ce qui seroit contre la v&eacute;rit&eacute;. Puissant se dit de la taille, et convient au B&oelig;uf.<br />
(6) Que lui-m&ecirc;me il sonna la charge. Voil&agrave; les appr&ecirc;ts du combat. On voit les adversaires en pr&eacute;sence: un nain contre un g&eacute;ant ! N&#039;importe, le contraste en est plus piquant. Le po&egrave;te profite avec adresse du bourdonnement de l&#039;insecte, pour en faire l&#039;accent de la trompette, et le pr&eacute;lude de l&#039;attaque.<br />
(7) Il se met au large. Comme ces expressions agrandissent le foible adversaire du Lion ! C&#039;est un athl&egrave;te qui a franchi la barri&egrave;re pour entrer dans l&#039;ar&ecirc;ne. Puis prend son temps. Tout est gradu&eacute;. Le po&egrave;te fut spectateur du combat avant d&#039;en &ecirc;tre l&#039;historien. Prend son temps. Rien n&#039;est donne au hasard, ni &agrave; la pr&eacute;cipitation. Ces mouvemens si bien&#039; concert&eacute;s, justifient d&#039;avance la victoire de la prudence sur la force. Fond. Ce simple monosyllabe exprime la rapidit&eacute; de l&#039;attaque. Rend presque fou. La col&egrave;re, disent les philosophes , est une courte d&eacute;mence : elle d&eacute;sarme, elle encha&icirc;ne le courage , elle le livre sans d&eacute;fense aux coups de l&#039;ennemi.</p>
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		<title>Par : dicocitations</title>
		<link>http://www.dico-poemes.com/va-t-en-ch-tif-insecte-excr-ment-de-la-terre-c-est-en-ces-mot-la-fontaine-jean-de/comment-page-1/#comment-29</link>
		<dc:creator>dicocitations</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Oct 2009 08:13:44 +0000</pubDate>
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		<description>Un moucheron s&#039;approchant d&#039;un lion lui dit: 
- Je ne te crains point et tu n&#039;es pas plus fort que moi. Au reste, en quoi consiste la force ? Tu d&#233;chires avec tes ongles et avec tes dents tu mords ? Mais une femme qui se bat avec son mari en fait autant. Eh bien moi, je suis beaucoup plus fort que toi. Et si tu veux, commen&#231;ons. 
L&#224;-dessus, le moucheron sonne de la trompette. Il s&#039;attaque &#224; son ennemi en mordant autour du nez le mufle d&#233;garni de poils. Le lion de ses propres griffes se d&#233;chirait &#224; en &#234;tre fou de rage. Le moucheron, &#233;tant venu &#224; bout de lui, sonna de la trompette et entonna un chant de victoire, puis s&#039;envola. Mais il s&#039;emp&#234;tra dans le filet d&#039;une araign&#233;e et tandis qu&#039;elle le d&#233;vorait, il se lamentait de ce que, apr&#232;s avoir lutt&#233; contre un tr&#232;s puissant ennemi, il succombait du fait d&#039;un vil insecte, d&#039;une araign&#233;e. 
 
Cette fable s&#039;applique &#224; ceux qui, apr&#232;s avoir abattu les puissants, sont abattus par les petits. (Esope). </description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Un moucheron s&#039;approchant d&#039;un lion lui dit:<br />
- Je ne te crains point et tu n&#039;es pas plus fort que moi. Au reste, en quoi consiste la force ? Tu d&eacute;chires avec tes ongles et avec tes dents tu mords ? Mais une femme qui se bat avec son mari en fait autant. Eh bien moi, je suis beaucoup plus fort que toi. Et si tu veux, commen&ccedil;ons.<br />
L&agrave;-dessus, le moucheron sonne de la trompette. Il s&#039;attaque &agrave; son ennemi en mordant autour du nez le mufle d&eacute;garni de poils. Le lion de ses propres griffes se d&eacute;chirait &agrave; en &ecirc;tre fou de rage. Le moucheron, &eacute;tant venu &agrave; bout de lui, sonna de la trompette et entonna un chant de victoire, puis s&#039;envola. Mais il s&#039;emp&ecirc;tra dans le filet d&#039;une araign&eacute;e et tandis qu&#039;elle le d&eacute;vorait, il se lamentait de ce que, apr&egrave;s avoir lutt&eacute; contre un tr&egrave;s puissant ennemi, il succombait du fait d&#039;un vil insecte, d&#039;une araign&eacute;e. </p>
<p>Cette fable s&#039;applique &agrave; ceux qui, apr&egrave;s avoir abattu les puissants, sont abattus par les petits. (Esope).</p>
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