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	<title>Commentaires sur : La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf &#8211;  Jean de La Fontaine</title>
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	<description>Il faudrait laisser des livres partout. A un moment ou à un autre quelqu'un les ouvrira sans doute. Et faire de même avec la poésie: laisser des poèmes partout, puisque quelqu'un les reconnaîtra sûrement un jour. [  Roberto Juarroz ]</description>
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		<title>Par : dicocitations</title>
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		<dc:creator>dicocitations</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Oct 2009 08:00:46 +0000</pubDate>
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		<description>Commentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine... - 1803. 
 
(1) Envieuse, s&#039;&#233;tend, et s&#039;enfle et se travaille. Gomme ce vers est pittoresque ! Mr de Voltaire refuse &#224; La Fontaine le titre de peintre ; ce seul exemple suffiroit pour repousser l&#039;accusation. Que l&#039;on e&#251;t donn&#233; &#224; Oudry, &#224; Paul Poter le sujet de cette fable &#224; repr&#233;senter, ils auroient bien saisi dans le gonflement de la Gre nouille un point fixe, qu&#039;ils auroient rendu avec l&#039;&#233;nergie qui les caract&#233;rise ; mais la progression des mouvemens, mais ces efforts ambitieux de l&#039;animal qui se travaille dans tous les sens , auroient &#233;chapp&#233; &#224; leur pinceau. Ici le vers s&#039;&#233;tend et se prolonge avec l&#039;action. L&#039;accumulation des verbes, la r&#233;p&#233;tition embarrass&#233;e des mots, la rendent r&#233;ellement pr&#233;sente aux yeux. 
(2) Est-ce assez? dites-moi, etc. Ce dialogue est un mod&#232;le de pr&#233;cision et de naturel. On a fait honneur &#224; un &#233;crivain contemporain (* ) d&#039;avoir donn&#233; plus de rapidit&#233; au style du dialogue , en le d&#233;gageant des parenth&#232;ses dit-il et r&#233;pondit-il. R&#233;gnier, Rabelais, La Fontaine sur-tout, avoient les premiers droits &#224; cet &#233;loge. 
(3) . . . La ch&#233;tive p&#233;core 
S&#039;enfla si bien qu&#039;elle creva. Termes de m&#233;pris emprunt&#233;s du langage commun.&#8212; Le r&#233;cit est simple, l&#039;expression famili&#232;re ; c&#039;est que la mort d&#039;une Grenouille victime de sa ridicule pr&#233;tention , ne m&#233;ritoit pas plus de col&#232;re. Le po&#232;te Desforges-Maillard a es say&#233; d&#039;ennoblir cette expression dans ces vers : 
Que nous sommes les rois des h&#244;tes des for&#234;ts, 
Et de tout ce qu&#039;orgueil a surnomm&#233; p&#233;core. ( Fab. 8). 
(4) Le monde est plein de gens, etc. Le sens moral de cette fable avoit-il besoin d&#039;&#234;tre &#233;nonc&#233; ? Ph&#232;dre ne l&#039;a pas cru. La Fon taine n&#039;a point imit&#233; son pr&#233;d&#233;cesseur ; J. J. Rousseau lui en fait un reproche qu&#039;il &#233;tend, &#224; tous les apologues ( **). Que de richesses perdues pour l&#039;apologue et pour la langue, si La Fontaine eut pens&#233; ainsi! 
J&#039;observe qne deux des plus c&#233;l&#232;bres personnages de ce si&#232;cle , ont jug&#233; La Fontaine avec une excessive s&#233;v&#233;rit&#233;. Ses contempo rains furent plus justes envers lui ; les &#233;crivains m&#233;diocres lui par donn&#232;rent sa sup&#233;riorit&#233;, et les plus grands g&#233;nies, ou pr&#233;sag&#232;rent ses succ&#232;s, ou les embellirent encore par leurs suffrages. 
(*) L&#039;auteur des Contes Moraux vivoit encore &#224; l&#039;&#233;poque ou ce commentaire fut compos&#233;. 
(**) Je voudrois qu&#039;ayant de mettre les fables de cet auteur inimitable entre les mains d&#039;un jeune homme, on en retranch&#226;t toutes ces conclusions par lesquelles il prend la peine d&#039;expliquer ce qu&#039;il vient de dire aussi clairement qu&#039;agr&#233;ablement. (Emile, Liv. IV. ) </description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Commentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine&#8230; &#8211; 1803. </p>
<p>(1) Envieuse, s&#039;&eacute;tend, et s&#039;enfle et se travaille. Gomme ce vers est pittoresque ! Mr de Voltaire refuse &agrave; La Fontaine le titre de peintre ; ce seul exemple suffiroit pour repousser l&#039;accusation. Que l&#039;on e&ucirc;t donn&eacute; &agrave; Oudry, &agrave; Paul Poter le sujet de cette fable &agrave; repr&eacute;senter, ils auroient bien saisi dans le gonflement de la Gre nouille un point fixe, qu&#039;ils auroient rendu avec l&#039;&eacute;nergie qui les caract&eacute;rise ; mais la progression des mouvemens, mais ces efforts ambitieux de l&#039;animal qui se travaille dans tous les sens , auroient &eacute;chapp&eacute; &agrave; leur pinceau. Ici le vers s&#039;&eacute;tend et se prolonge avec l&#039;action. L&#039;accumulation des verbes, la r&eacute;p&eacute;tition embarrass&eacute;e des mots, la rendent r&eacute;ellement pr&eacute;sente aux yeux.<br />
(2) Est-ce assez? dites-moi, etc. Ce dialogue est un mod&egrave;le de pr&eacute;cision et de naturel. On a fait honneur &agrave; un &eacute;crivain contemporain (* ) d&#039;avoir donn&eacute; plus de rapidit&eacute; au style du dialogue , en le d&eacute;gageant des parenth&egrave;ses dit-il et r&eacute;pondit-il. R&eacute;gnier, Rabelais, La Fontaine sur-tout, avoient les premiers droits &agrave; cet &eacute;loge.<br />
(3) . . . La ch&eacute;tive p&eacute;core<br />
S&#039;enfla si bien qu&#039;elle creva. Termes de m&eacute;pris emprunt&eacute;s du langage commun.&mdash; Le r&eacute;cit est simple, l&#039;expression famili&egrave;re ; c&#039;est que la mort d&#039;une Grenouille victime de sa ridicule pr&eacute;tention , ne m&eacute;ritoit pas plus de col&egrave;re. Le po&egrave;te Desforges-Maillard a es say&eacute; d&#039;ennoblir cette expression dans ces vers :<br />
Que nous sommes les rois des h&ocirc;tes des for&ecirc;ts,<br />
Et de tout ce qu&#039;orgueil a surnomm&eacute; p&eacute;core. ( Fab. 8).<br />
(4) Le monde est plein de gens, etc. Le sens moral de cette fable avoit-il besoin d&#039;&ecirc;tre &eacute;nonc&eacute; ? Ph&egrave;dre ne l&#039;a pas cru. La Fon taine n&#039;a point imit&eacute; son pr&eacute;d&eacute;cesseur ; J. J. Rousseau lui en fait un reproche qu&#039;il &eacute;tend, &agrave; tous les apologues ( **). Que de richesses perdues pour l&#039;apologue et pour la langue, si La Fontaine eut pens&eacute; ainsi!<br />
J&#039;observe qne deux des plus c&eacute;l&egrave;bres personnages de ce si&egrave;cle , ont jug&eacute; La Fontaine avec une excessive s&eacute;v&eacute;rit&eacute;. Ses contempo rains furent plus justes envers lui ; les &eacute;crivains m&eacute;diocres lui par donn&egrave;rent sa sup&eacute;riorit&eacute;, et les plus grands g&eacute;nies, ou pr&eacute;sag&egrave;rent ses succ&egrave;s, ou les embellirent encore par leurs suffrages.<br />
(*) L&#039;auteur des Contes Moraux vivoit encore &agrave; l&#039;&eacute;poque ou ce commentaire fut compos&eacute;.<br />
(**) Je voudrois qu&#039;ayant de mettre les fables de cet auteur inimitable entre les mains d&#039;un jeune homme, on en retranch&acirc;t toutes ces conclusions par lesquelles il prend la peine d&#039;expliquer ce qu&#039;il vient de dire aussi clairement qu&#039;agr&eacute;ablement. (Emile, Liv. IV. )</p>
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