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	<title>Commentaires sur : Le Loup et le Chien &#8211;  Jean de La Fontaine</title>
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	<description>Il faudrait laisser des livres partout. A un moment ou à un autre quelqu'un les ouvrira sans doute. Et faire de même avec la poésie: laisser des poèmes partout, puisque quelqu'un les reconnaîtra sûrement un jour. [  Roberto Juarroz ]</description>
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		<title>Par : dicocitations</title>
		<link>http://www.dico-poemes.com/un-loup-n-avait-que-les-os-et-la-peau-tant-les-chiens-faisaient-bonne-garde-ce-l-la-fontaine-jean-de/comment-page-1/#comment-63</link>
		<dc:creator>dicocitations</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Oct 2009 08:04:59 +0000</pubDate>
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		<description>Le Chien et le Loup.- Combien la libert&#233; est douce, c&#039;est ce que je vais dire en peu de mots. Un chien bien nourri se trouva par hasard sur le chemin d&#039;un loup d&#039;une maigreur extr&#234;me. Ils se saluent et s&#039;arr&#234;tent. 
- D&#039;o&#249; te vient, dis-moi, ce poil brillant ? 
- Que manges-tu pour avoir un tel embonpoint ? Moi qui suis bien plus fort que toi, je meurs de faim. 
Le chien, franchement, r&#233;pond : 
- Cette condition t&#039;appartient si tu peux rendre au ma&#238;tre les m&#234;mes services que moi. 
- Lesquels ? dit l&#039;autre. 
- Garder la porte, d&#233;fendre, m&#234;me la nuit, la maison contre les voleurs.&#8212;Eh bien, je suis pr&#234;t. Maintenant j&#039;ai &#224; supporter la neige, les pluies violentes ; dans les for&#234;ts je tra&#238;ne une vie rude. Combien il me serait plus facile de vivre sous un toit et sans rien faire, de me rassasier largement 
- Alors, viens avec moi. 
Chemin faisant, le loup voit le cou du chien que la cha&#238;ne avait pel&#233;. 
- D&#039;o&#249; vient cela, ami? 
- Ce n&#039;est rien. 
- Mais encore, dis ! 
- Comme on me trouve un peu vif, on m&#039;attache de jour, pour que je dorme le matin et que je veille, la nuit venue. Vers le soir on me d&#233;lie et je puis errer o&#249; bon il e semble. Sans que je demande, on m&#039;apporte du pain ; le ma&#238;tre me donne des os de sa table ; ses gens me jettent des morceaux et du rago&#251;t quand personne n&#039;en veut plus.. Ainsi sans rien faire, je remplis mon ventre. 
- Bien, mais si tu veux t&#039;en aller quelque part, le peux-tu ? 
- Pas tout &#224; fait. 
- Alors, jouis de ce sort si vant&#233;, &#212; chien. Je ne voudrais pas d&#039;un royaume, s&#039;il doit m&#039;en co&#251;ter la libert&#233;. La G&#233;nisse la Ch&#232;vre et la Brebis en soci&#233;t&#233; avec le Lion: Le lion, l&#039;&#226;ne et le renard (Esope) La vache, la ch&#232;vre, la brebis et le lion:(Ph&#232;dre L.I-F.5) 
 
En voici le d&#233;but dans lequel est exprim&#233;e la moralit&#233;.L&#039;alliance avec un plus puissant n&#039;est jamais fermement assur&#233;e. Cette fable prouve cette maxime. </description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Le Chien et le Loup.- Combien la libert&eacute; est douce, c&#039;est ce que je vais dire en peu de mots. Un chien bien nourri se trouva par hasard sur le chemin d&#039;un loup d&#039;une maigreur extr&ecirc;me. Ils se saluent et s&#039;arr&ecirc;tent.<br />
- D&#039;o&ugrave; te vient, dis-moi, ce poil brillant ?<br />
- Que manges-tu pour avoir un tel embonpoint ? Moi qui suis bien plus fort que toi, je meurs de faim.<br />
Le chien, franchement, r&eacute;pond :<br />
- Cette condition t&#039;appartient si tu peux rendre au ma&icirc;tre les m&ecirc;mes services que moi.<br />
- Lesquels ? dit l&#039;autre.<br />
- Garder la porte, d&eacute;fendre, m&ecirc;me la nuit, la maison contre les voleurs.&mdash;Eh bien, je suis pr&ecirc;t. Maintenant j&#039;ai &agrave; supporter la neige, les pluies violentes ; dans les for&ecirc;ts je tra&icirc;ne une vie rude. Combien il me serait plus facile de vivre sous un toit et sans rien faire, de me rassasier largement<br />
- Alors, viens avec moi.<br />
Chemin faisant, le loup voit le cou du chien que la cha&icirc;ne avait pel&eacute;.<br />
- D&#039;o&ugrave; vient cela, ami?<br />
- Ce n&#039;est rien.<br />
- Mais encore, dis !<br />
- Comme on me trouve un peu vif, on m&#039;attache de jour, pour que je dorme le matin et que je veille, la nuit venue. Vers le soir on me d&eacute;lie et je puis errer o&ugrave; bon il e semble. Sans que je demande, on m&#039;apporte du pain ; le ma&icirc;tre me donne des os de sa table ; ses gens me jettent des morceaux et du rago&ucirc;t quand personne n&#039;en veut plus.. Ainsi sans rien faire, je remplis mon ventre.<br />
- Bien, mais si tu veux t&#039;en aller quelque part, le peux-tu ?<br />
- Pas tout &agrave; fait.<br />
- Alors, jouis de ce sort si vant&eacute;, &Ocirc; chien. Je ne voudrais pas d&#039;un royaume, s&#039;il doit m&#039;en co&ucirc;ter la libert&eacute;. La G&eacute;nisse la Ch&egrave;vre et la Brebis en soci&eacute;t&eacute; avec le Lion: Le lion, l&#039;&acirc;ne et le renard (Esope) La vache, la ch&egrave;vre, la brebis et le lion:(Ph&egrave;dre L.I-F.5) </p>
<p>En voici le d&eacute;but dans lequel est exprim&eacute;e la moralit&eacute;.L&#039;alliance avec un plus puissant n&#039;est jamais fermement assur&eacute;e. Cette fable prouve cette maxime.</p>
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		<title>Par : dicocitations</title>
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		<dc:creator>dicocitations</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Oct 2009 08:04:41 +0000</pubDate>
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		<description>(6) Le Loup d&#233;j&#224; se forge une f&#233;licit&#233; Qui le fait pleurer de tendresse. Quelle est l&#039;ame tendre qui  n&#039;ait connu ces douces &#233;motions dont l&#039;ame se p&#233;n&#232;tre au seul r&#234;ve du bonheur, et qui, comme une vapeur l&#233;g&#232;re, baigne les yeux de larmes d&#233;licieuses ? Il est tr&#232;s-plaisant de pr&#234;ter ces effusions de sensibilit&#233; &#224; un animal tel que le Loup. &#8212; Florian a imit&#233; cette pens&#233;e dans sa fable du Vieux Arbre et du Jardinier. L. II. fab. 3. (7) Qu&#039;est-ce l&#224;, etc. Remarquez encore la pr&#233;cision et le naturel de ce dialogue traduit de Ph&#232;dre. 
(8) Le collier dont je suis attach&#233;. J&#039;ai entendu bl&#226;mer cette construction. On peut la justifier par l&#039;ellipse, comme s&#039;il y avait : le collier dont on se sert pour m&#039;attacher. 
(9) De ce que vous voyez est peut-&#234;tre la cause.&#8212; De ce que vous voyez, il a peur de prononcer le mot. Peut-&#234;tre, il n&#039;en est pas bien s&#251;r ; tant il en est honteux, 
(10) Et ne voudrais pas m&#234;me a ce prix un tr&#233;sor. &#171;Un Loup n&#039;a que faire de tr&#233;sor. &#187; ( Champfort. ) Pourquoi non ? Ph&#232;dre lui fait bien refuser un royaume. 
(11) S&#039;enfuit et court encor. Hyperbole pleine de ga&#238;t&#233;, de-venue proverbe. Puis il s&#039;enfuit et court encor, Sans tourner la t&#234;te eu arri&#232;re, a dit M. Dardenne (Liv. I. fab. 5o. ). Le second vers est de trop. Ce m&#234;me M. Dardenne, qui a tant de choses &#224; se faire pardonner, reproche &#224; notre apologue d&#039;&#234;tre trop long, et il le compare avec le quatrain de Benserade, vraiment admirable ici pour son laconisme. Que faut-il en conclure ? que la miniature de Benserade est un chef-d&#039;&#339;uvre de pr&#233;cision , et que le tableau peint par La Fontaine, est un chef-d&#039;&#339;uvre de ga&#238;t&#233;, de go&#251;t et de naturel. Le po&#232;te n&#039;a point expliqu&#233; le sens moral de sa fable ; il n&#039;en avait pas besoin. Les autres fabulistes ne sont pas aussi discrets, ils font en termes pompeux l&#039;&#233;loge de la libert&#233;. 
Sans elle rien n&#039;est doux, l&#039;esclave l&#039;appr&#233;cie 
Au poids dont le malade estime la sant&#233;, 
a dit un des plus heureux imitateurs de La Fontaine. Gay , dans son bel apologue du Conseil des Chevaux, si bien traduit par Rivery, oppose &#224; cette douce amorce les le&#231;ons de la raison, de l&#039;exp&#233;rience et de la n&#233;cessite. Nous conclurons avec Favart : fable du Serein et du Moineau, dans son op&#233;ra comique le Prix de Cyt&#232;r&#233;: 
Qu&#039;une libert&#233; vagabonde 
Vaut beaucoup moins, tout bien compt&#233; , 
Qu&#039;une douce captivit&#233;. </description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>(6) Le Loup d&eacute;j&agrave; se forge une f&eacute;licit&eacute; Qui le fait pleurer de tendresse. Quelle est l&#039;ame tendre qui  n&#039;ait connu ces douces &eacute;motions dont l&#039;ame se p&eacute;n&egrave;tre au seul r&ecirc;ve du bonheur, et qui, comme une vapeur l&eacute;g&egrave;re, baigne les yeux de larmes d&eacute;licieuses ? Il est tr&egrave;s-plaisant de pr&ecirc;ter ces effusions de sensibilit&eacute; &agrave; un animal tel que le Loup. &mdash; Florian a imit&eacute; cette pens&eacute;e dans sa fable du Vieux Arbre et du Jardinier. L. II. fab. 3. (7) Qu&#039;est-ce l&agrave;, etc. Remarquez encore la pr&eacute;cision et le naturel de ce dialogue traduit de Ph&egrave;dre.<br />
(8) Le collier dont je suis attach&eacute;. J&#039;ai entendu bl&acirc;mer cette construction. On peut la justifier par l&#039;ellipse, comme s&#039;il y avait : le collier dont on se sert pour m&#039;attacher.<br />
(9) De ce que vous voyez est peut-&ecirc;tre la cause.&mdash; De ce que vous voyez, il a peur de prononcer le mot. Peut-&ecirc;tre, il n&#039;en est pas bien s&ucirc;r ; tant il en est honteux,<br />
(10) Et ne voudrais pas m&ecirc;me a ce prix un tr&eacute;sor. &laquo;Un Loup n&#039;a que faire de tr&eacute;sor. &raquo; ( Champfort. ) Pourquoi non ? Ph&egrave;dre lui fait bien refuser un royaume.<br />
(11) S&#039;enfuit et court encor. Hyperbole pleine de ga&icirc;t&eacute;, de-venue proverbe. Puis il s&#039;enfuit et court encor, Sans tourner la t&ecirc;te eu arri&egrave;re, a dit M. Dardenne (Liv. I. fab. 5o. ). Le second vers est de trop. Ce m&ecirc;me M. Dardenne, qui a tant de choses &agrave; se faire pardonner, reproche &agrave; notre apologue d&#039;&ecirc;tre trop long, et il le compare avec le quatrain de Benserade, vraiment admirable ici pour son laconisme. Que faut-il en conclure ? que la miniature de Benserade est un chef-d&#039;&oelig;uvre de pr&eacute;cision , et que le tableau peint par La Fontaine, est un chef-d&#039;&oelig;uvre de ga&icirc;t&eacute;, de go&ucirc;t et de naturel. Le po&egrave;te n&#039;a point expliqu&eacute; le sens moral de sa fable ; il n&#039;en avait pas besoin. Les autres fabulistes ne sont pas aussi discrets, ils font en termes pompeux l&#039;&eacute;loge de la libert&eacute;.<br />
Sans elle rien n&#039;est doux, l&#039;esclave l&#039;appr&eacute;cie<br />
Au poids dont le malade estime la sant&eacute;,<br />
a dit un des plus heureux imitateurs de La Fontaine. Gay , dans son bel apologue du Conseil des Chevaux, si bien traduit par Rivery, oppose &agrave; cette douce amorce les le&ccedil;ons de la raison, de l&#039;exp&eacute;rience et de la n&eacute;cessite. Nous conclurons avec Favart : fable du Serein et du Moineau, dans son op&eacute;ra comique le Prix de Cyt&egrave;r&eacute;:<br />
Qu&#039;une libert&eacute; vagabonde<br />
Vaut beaucoup moins, tout bien compt&eacute; ,<br />
Qu&#039;une douce captivit&eacute;.</p>
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		<title>Par : dicocitations</title>
		<link>http://www.dico-poemes.com/un-loup-n-avait-que-les-os-et-la-peau-tant-les-chiens-faisaient-bonne-garde-ce-l-la-fontaine-jean-de/comment-page-1/#comment-65</link>
		<dc:creator>dicocitations</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Oct 2009 08:04:36 +0000</pubDate>
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		<description>Commentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine... - 1803. 
(1) Tant les Chiens fasaient bonne garde. Le po&#232;te se h&#226;te de commencer son r&#233;cit : voil&#224; pourquoi la connexion des id&#233;es n&#039;est qu&#039;indiqu&#233;e, Le Loup vit de sa chasse j il est condamn&#233; &#224; faire maigre ch&#232;re quand le gibier dont il fait sa proie est bien d&#233;fendu. 
(2) Poli,comme on dit : luisant de graise. Emprunt&#233; de l&#039;ancien langage. Le po&#232;te Villon avait dit : 
Corps f&#233;minin qui tant es tendre, 
Poli , souef (suave), et gracieux. Qui s&#039;&#233;tait fourvoy&#233; ( &#233;gar&#233; ) ; on disait autrefois forvoyer, &#234;tre hors de son chemin. Jean, de Meun dans le Roman de la Rose: 
Sous les arbres sans forvoyer. ( Vers 1297. ) 
L&#039;observation du po&#232;te n&#039;a rien d&#039;oiseux; la rencontre du Chien. en libert&#233;, ne contredit point son &#233;tat habituel d&#039;esclavage; il n&#039;est libre que par hasard, par contre-bande. 
(3) Peu de traits de ce joli tableau qui n&#039;aient &#233;t&#233; d&#233;rob&#233;s par quelque moderne. M. l&#039;abb&#233; Aubert parlant d&#039;un brochet: Celui-ci n&#039;&#233;tait pas de taille A se laisser avaler ais&#233;ment. ( Liv. VI. fab. 19 ) 
(4) Ce Loup rencontre , etc. Tout ce r&#233;cit est admirable. Chien, et loups sont ennemis par instinct ; ils ne se rencontrent pas sans en venir aux prises. Mais ici la partie n&#039;&#233;tait pas &#233;gale, le Loup la bien senti; il tient conseil en lui-m&#234;me; en cons&#233;quence du plan arr&#234;t&#233; ; Le Loup donc l&#039;aborde ; c&#039;est au plus faible &#224; faire les avances. Son air humble d&#233;sarme son ennemi, il s&#039;insinue dans son esprit par des compliments , amorce &#224; laquelle on r&#233;siste peu, mais de ces compliments qui naissent d&#039;eux-m&#234;mes de l&#039;admiration. La Fontaine est le premier qui ait su transporter ainsi dans la fable, la peinture des m&#339;urs et de la soci&#233;t&#233;. C&#039;est le Moli&#232;re de l&#039;apologue. 
(5) La r&#233;ponse du Chien laisse percer jusque dans sa simplicit&#233; et son apparente bonhomie, nn certain air de protection qui se teconno&#238;t &#224; son langage familier, &#224; ses conseils pressans, &#224; l&#039;accumulation des termes m&#233;prisans dont il qualifie la condition dn Loup.&#039; Vos pareils est bien plus d&#233;licat que si l&#039;application &#233;toit directe: Cancres , malheureux &#224; qui rien ne r&#233;ussit, qui semblent, comme l&#039;&#233;crevisse , reculer au lien d&#039;avancer : cet homme est un gueux , un pauvre cancre (Wailly, Tr&#233;voux , etc. ) Heres , m&#234;me sens, On &#233;crivait autrefois haire; sur une ancienne inscriptipn rapport&#233;e par l&#039;abb&#233; Massieu ( Hist de la Po&#233;sie franc, p.3o2. ) , on lisait: 
Haires, cagots, caffards, etc. 
Ce mot vient sans doute de l&#039;allemand herr, qui l&#039;avait emprunt&#233; du latin herus, pauvre seigneur. Er ist nicht weitherr, il ne vaut pas grand-chose ( proverbe allemand ). Depuis il est devenu commun : 
Un pauvre h&#232;re et son grison 
Avaient &#224; jeun fait longue route. Rich. Martelli, Liv. II. fab. II. 
Un autre fabuliste retranche l&#039;&#233;pith&#232;te : 
Sommes-nous pas &#233;gaux ? 
&#8212; On &#233;trangle le h&#232;re, Le Jeune. ( Liv. IV. fab. 7. ) Point de franche lipp&#233;e, etc. Ce que les l&#232;vres (Lipp, vieux mot saxon et fran&#231;ais ) peuvent saisir. Franc, exempt de combat , sans obliger de tirer l&#039;&#233;p&#233;e; voil&#224; comme l&#039;expliquent M&#233;nage, les auteurs de Tr&#233;voux, l&#039;&#233;diteur de R&#233;gnier. &#171; Le roi d&#039;Angleterre emportait toujours quelque lipp&#233;e pour sa part. &#187; ( Sat, m&#233;nipp&#233;e, T. I. pag. 160.) Ces mots surann&#233;s ou &#233;trangers servent bien l&#039;illusion de l&#039;apologue, en paraissant reporter &#224; des &#233;poques recul&#233;es l&#039;action qu&#039;il met sous nos yeux. 
 </description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Commentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine&#8230; &#8211; 1803.<br />
(1) Tant les Chiens fasaient bonne garde. Le po&egrave;te se h&acirc;te de commencer son r&eacute;cit : voil&agrave; pourquoi la connexion des id&eacute;es n&#039;est qu&#039;indiqu&eacute;e, Le Loup vit de sa chasse j il est condamn&eacute; &agrave; faire maigre ch&egrave;re quand le gibier dont il fait sa proie est bien d&eacute;fendu.<br />
(2) Poli,comme on dit : luisant de graise. Emprunt&eacute; de l&#039;ancien langage. Le po&egrave;te Villon avait dit :<br />
Corps f&eacute;minin qui tant es tendre,<br />
Poli , souef (suave), et gracieux. Qui s&#039;&eacute;tait fourvoy&eacute; ( &eacute;gar&eacute; ) ; on disait autrefois forvoyer, &ecirc;tre hors de son chemin. Jean, de Meun dans le Roman de la Rose:<br />
Sous les arbres sans forvoyer. ( Vers 1297. )<br />
L&#039;observation du po&egrave;te n&#039;a rien d&#039;oiseux; la rencontre du Chien. en libert&eacute;, ne contredit point son &eacute;tat habituel d&#039;esclavage; il n&#039;est libre que par hasard, par contre-bande.<br />
(3) Peu de traits de ce joli tableau qui n&#039;aient &eacute;t&eacute; d&eacute;rob&eacute;s par quelque moderne. M. l&#039;abb&eacute; Aubert parlant d&#039;un brochet: Celui-ci n&#039;&eacute;tait pas de taille A se laisser avaler ais&eacute;ment. ( Liv. VI. fab. 19 )<br />
(4) Ce Loup rencontre , etc. Tout ce r&eacute;cit est admirable. Chien, et loups sont ennemis par instinct ; ils ne se rencontrent pas sans en venir aux prises. Mais ici la partie n&#039;&eacute;tait pas &eacute;gale, le Loup la bien senti; il tient conseil en lui-m&ecirc;me; en cons&eacute;quence du plan arr&ecirc;t&eacute; ; Le Loup donc l&#039;aborde ; c&#039;est au plus faible &agrave; faire les avances. Son air humble d&eacute;sarme son ennemi, il s&#039;insinue dans son esprit par des compliments , amorce &agrave; laquelle on r&eacute;siste peu, mais de ces compliments qui naissent d&#039;eux-m&ecirc;mes de l&#039;admiration. La Fontaine est le premier qui ait su transporter ainsi dans la fable, la peinture des m&oelig;urs et de la soci&eacute;t&eacute;. C&#039;est le Moli&egrave;re de l&#039;apologue.<br />
(5) La r&eacute;ponse du Chien laisse percer jusque dans sa simplicit&eacute; et son apparente bonhomie, nn certain air de protection qui se teconno&icirc;t &agrave; son langage familier, &agrave; ses conseils pressans, &agrave; l&#039;accumulation des termes m&eacute;prisans dont il qualifie la condition dn Loup.&#039; Vos pareils est bien plus d&eacute;licat que si l&#039;application &eacute;toit directe: Cancres , malheureux &agrave; qui rien ne r&eacute;ussit, qui semblent, comme l&#039;&eacute;crevisse , reculer au lien d&#039;avancer : cet homme est un gueux , un pauvre cancre (Wailly, Tr&eacute;voux , etc. ) Heres , m&ecirc;me sens, On &eacute;crivait autrefois haire; sur une ancienne inscriptipn rapport&eacute;e par l&#039;abb&eacute; Massieu ( Hist de la Po&eacute;sie franc, p.3o2. ) , on lisait:<br />
Haires, cagots, caffards, etc.<br />
Ce mot vient sans doute de l&#039;allemand herr, qui l&#039;avait emprunt&eacute; du latin herus, pauvre seigneur. Er ist nicht weitherr, il ne vaut pas grand-chose ( proverbe allemand ). Depuis il est devenu commun :<br />
Un pauvre h&egrave;re et son grison<br />
Avaient &agrave; jeun fait longue route. Rich. Martelli, Liv. II. fab. II.<br />
Un autre fabuliste retranche l&#039;&eacute;pith&egrave;te :<br />
Sommes-nous pas &eacute;gaux ?<br />
&mdash; On &eacute;trangle le h&egrave;re, Le Jeune. ( Liv. IV. fab. 7. ) Point de franche lipp&eacute;e, etc. Ce que les l&egrave;vres (Lipp, vieux mot saxon et fran&ccedil;ais ) peuvent saisir. Franc, exempt de combat , sans obliger de tirer l&#039;&eacute;p&eacute;e; voil&agrave; comme l&#039;expliquent M&eacute;nage, les auteurs de Tr&eacute;voux, l&#039;&eacute;diteur de R&eacute;gnier. &laquo; Le roi d&#039;Angleterre emportait toujours quelque lipp&eacute;e pour sa part. &raquo; ( Sat, m&eacute;nipp&eacute;e, T. I. pag. 160.) Ces mots surann&eacute;s ou &eacute;trangers servent bien l&#039;illusion de l&#039;apologue, en paraissant reporter &agrave; des &eacute;poques recul&eacute;es l&#039;action qu&#039;il met sous nos yeux.</p>
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