Un jour où je ne pus comprendre
Ton esprit qui songeait au loin,
Je me sentis soudain moins tendre,
Et peut-être je t’aimais moins.

Je te voyais petit, l’espace
Me reconquérait peu à, peu,
Je regardais ces calmes cieux
Où jamais rien ne m’embarrasse.

Mais alors tu mis sur mon coeur
Ton beau visage sans réplique,
Et je respirai ton odeur
Inconsciente et tyrannique;

Sans plus d’alarme et de fierté,
J’absorbais avec gravité
Ton âme innocente et physique,
Plus ample pour moi que le ciel;

- Senteur suave, âpre, vermeille,
Tiède aveu confidentiel
D’un corps qui songe ou qui sommeille,
C’est toi la grâce nonpareille !

- Ainsi sourd le parfum du miel
De l’humble maison des abeilles…

Poème de l’amour
Poèmes de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles

Citations de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles

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