Rien; l’univers n’est rien. Nulle énigme pour l’homme
Dont l’esprit et les sens ont perçu le néant.
- La turbulente vie hasardeuse, et le somme
À jamais, dans le sol maussade et dévorant !

Rien ! Partout l’éphémère et partout le risible,
Partout l’insulte au coeur, partout la surdité
Du Destin, qui choisit pour délicate cible
La noblesse de l’homme et sa sécurité.

- Et parmi cette affreuse et poignardante injure,
Seulement toi, visage au masque de velours,
Divinité maligne, enivrante, âpre et pure,
Consolateur cruel, doux et terrible Amour !

Poème de l’amour
Poèmes de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles

Citations de Anna de Brancovan, comtesse de Noailles

Autres poésies :

  1. Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Si je n’aimais que toi en toi Je guérirais de ton visage, Je guérirais bien de ta voix Qui m’émeut comme lorsqu’on voit, Dans le nocturne paysage, La lune énigmatique et sage, Qui nous étonne chaque fois. - Si c’était toi par qui je rêve, Toi vraiment seul, toi seulement, J’observerais tranquillement Ce clair contour, [...]...
  2. Poème d’amour – Renée Vivien O toi qui savamment jettes un beau regard, Bleu comme les minuits, à travers les fenêtres, Je te vis sur la route où j’errais au hasard Des parfums et de l’heure et des rires champêtres. Le soleil blondissait tes cheveux d’un long rai, Tes prunelles sur moi dardaient leur double flamme ; Tu m’apparus, ô [...]...
  3. L’Amour et la Mort – Louise Ackermann À M. Louis de Ronchaud I Regardez-les passer, ces couples éphémères ! Dans les bras l’un de l’autre enlacés un moment, Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières, Font le même serment : Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent Avec étonnement entendent prononcer, Et qu’osent répéter des lèvres qui pâlissent Et qui vont se glacer. Vous qui vivez si [...]...
  4. Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Peut-être jamais ne saurai-je Pourquoi tu te taisais! L’été, L’azur, les nuits claires, la neige, Comme ton visage entêté, N’ont rien pour les interpréter ! Ils brillent, parfument, rayonnent, Implacables, distraits, charmants, Sans rien répondre à nos tourments - Mais, hélas ! ce coeur de lionne, Ce coeur puissant, ce coeur adroit, Qui, pour ne [...]...
  5. Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Le hasard et les jours passent d’un pied rapide, On ne sait ce qui vient ni ce qui va cesser; La place où bat mon coeur peut soudain être aride, La chance est brève, hélas! et tu n’es pas pressé ! Et tu ne te dis pas, sous les cieux monotones Où tout est triste, [...]...
  6. Mon amour pour avoir figuré mes désirs – Eugène Emile Paul Grindel, dit Paul Eluard Mon amour pour avoir figuré mes désirs Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre Tes baisers dans la nuit vivante Et le sillage des tes bras autour de moi Comme une flamme en signe de conquête Mes rêves sont au monde Clairs et perpétuels. Et quand tu n’es pas là Je rêve que je dors je rêve que je [...]...
  7. Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Crois-moi, ce n’est pas aisément Que l’on supporte un beau visage : Il peut dispenser le tourment Que confère un clair paysage. - Je sais la coalition, L’alliance, la connivence De ton regard sans passion Et de ta lèvre qui s’avance. Et pourtant nul ne dépérit, Sauf moi, de cette grâce étrange Où ton oeil [...]...
  8. Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Parfois, quand j’aperçois mon flamboyant visage, Lorsqu’il vient d’échapper à ta bouche et tes doigts, Je ne reconnais pas cette exultante image, Et je contemple avec un déférent effroi Cette beauté que je te dois ! Comme de bleus raisins mes noirs cheveux oscillent, Ma joue est écarlate et mon oeil qui jubile mêle à [...]...
  9. Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Il est doux d’aimer faiblement, Quand, ayant vaincu sa puissance, L’amour dès son commencement Ressemble à la convalescence. Quand on songe à ce qu’eût été Cette tempête meurtrière, Et qu’à présent, malgré l’été, Malgré la chaleur, la lumière, Malgré la musique, malgré Ce point fascinant d’un visage, On a doucement enterré, Entre l’ardeur et le courage, [...]...
  10. Poème de l’amour – Anna de Brancovan, comtesse de Noailles Un jour où je ne pus comprendre Ton esprit qui songeait au loin, Je me sentis soudain moins tendre, Et peut-être je t’aimais moins. Je te voyais petit, l’espace Me reconquérait peu à, peu, Je regardais ces calmes cieux Où jamais rien ne m’embarrasse. Mais alors tu mis sur mon coeur Ton beau visage sans [...]...