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	<title>Commentaires sur : La Mouche et la Fourmi &#8211;  Jean de La Fontaine</title>
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	<description>Il faudrait laisser des livres partout. A un moment ou à un autre quelqu'un les ouvrira sans doute. Et faire de même avec la poésie: laisser des poèmes partout, puisque quelqu'un les reconnaîtra sûrement un jour. [  Roberto Juarroz ]</description>
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		<title>Par : dicocitations</title>
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		<dc:creator>dicocitations</dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Oct 2009 16:03:56 +0000</pubDate>
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		<description>Commentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine... - 1803. 
 
(5) Pendant que celle-ci. Elle ne daigne seulement pas rappeler par son nom, ni fixer les yeux sur elle. 
(6) Vit trois jours d&#039;un f&#233;tu qu&#039;elle a tra&#238;n&#233; chez soi. Pas un. mot oiseux. Fit d&#039;un f&#233;tu. Quelle proportion d&#039;un f&#233;tu &#224; un b&#339;uf! Trois jours. Il faut &#234;tre bien mis&#233;rable pour se condamner &#224; tant d&#039;&#233;conomie. Qu&#039;elle a tra&#238;n&#233;. Tra&#238;ner ne convient qu&#039;&#224; une mercenaire gagnant sa vie &#224; la sueur de son front. Chez soi. Et quel chez soi? des greniers ! Le chez soi de la Mouche, ce sont les palais, c&#039;est la table m&#234;me de Jupiter. 
(7) Mais, ma mignone. C&#039;est le ton insultant de la protection. (8) Avez-vous dit ? Cette r&#233;plique de la Fourmi laisse voir toute 
la patience qu&#039;elle a &#224; &#233;couter. Sa r&#233;ponse est un petit chef-d&#039;&#339;uvre de pr&#233;cision, de dialectique et de v&#233;ritable &#233;loquence. 
(9) Et quant &#224; go&#251;ter la premi&#232;re, etc. Croyez-yous qu&#039;il en vaille mieux, etc. Ces vers laissent quelque 
chose &#224; d&#233;sirer du c&#244;t&#233; de la correction. Quant &#224; ne se joint qu&#039;&#224; un substantif. Il en vaille est surann&#233;. Dans le vers d&#039;apr&#232;s, aussi font, il faudroit ainsi. Mais y a-t-il des fautes au milieu de tant de d&#233;tails enchanteurs ? 
(10) Sur la t&#234;te des Rois et sur celle des Ane.Seroit-ce la rime qui auroit command&#233; ce rapprochement ignoble et injurieux 
m&#234;me dans les pr&#233;f&#233;rences qu&#039;il &#233;tablit? Quand Horace a dit: 
Pallida mors aequo puis&#226;t pede 
Regemque turres pauperumque tabernas; Ce sont les extr&#234;mes qu&#039;il met en opposition ; et c&#039;&#233;toit l&#224; le mod&#232;le que le po&#232;te auroit pu suivre. 
(11) Vous fassiez sonner vos m&#233;rites. M&#233;rite ne s&#039;emploie plus au pluriel qu&#039;en style de d&#233;votion ; les m&#233;rites de la Sainte Vierge; c&#039;est une perte pour la langue. Voyez comme ici vos m&#233;rites rel&#232;ve le sarcasme du reproche. 
(12) Les Mouches de Cour, Les factieux. Les Mouchards.Espions ; parce que, comme les Mouches, ils vont thercher pff tout leur p&#226;ture. (V. M&#233;nage et Le Ducbat, Notes sur Rabelais( T. II. p. 166. &#233;d. d&#039;&#192;mst. 1726.) 
Marie a substitu&#233; une Abeille &#224; la Fourmi employ&#233;e par Ph&#232;dre et La Fontaine. M. Legnmd lui en a fait un m&#233;rite. &#171; S&#039;il est pardonnable, dit-il, &#224; l&#039;Abeille de se donner des louanges, ou ne le pardonnera point &#224; la Fourmi , insecte aussi incommode et tout aussi inutile que la Mouche&#187;. (Fabliaux, T. III. p. 338.) Qu&#039;im porte, dirons-nous au savant &#233;crivain ; qu&#039;importe ce genre de m&#233;rite au fabuliste , pourvu que les caract&#232;res qu&#039;il pr&#234;te &#224; ses personnages, soient justifi&#233;s par l&#039;opinion ? La sup&#233;riorit&#233; de l&#039;Abeille sur la Mouche est une v&#233;rit&#233; si triviale, qu&#039;elle ne peut &#234;tre disput&#233;e par aucun insecte ail&#233; ; au lieu que la Fourmi, animal d&#039;une autre esp&#232;ce , piqu&#233; bien davantage la curiosit&#233;, et par-l&#224; donne bien plus d&#039;int&#233;r&#234;t &#224; sa d&#233;fense. 
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		<content:encoded><![CDATA[<p>Commentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine&#8230; &#8211; 1803. </p>
<p>(5) Pendant que celle-ci. Elle ne daigne seulement pas rappeler par son nom, ni fixer les yeux sur elle.<br />
(6) Vit trois jours d&#039;un f&eacute;tu qu&#039;elle a tra&icirc;n&eacute; chez soi. Pas un. mot oiseux. Fit d&#039;un f&eacute;tu. Quelle proportion d&#039;un f&eacute;tu &agrave; un b&oelig;uf! Trois jours. Il faut &ecirc;tre bien mis&eacute;rable pour se condamner &agrave; tant d&#039;&eacute;conomie. Qu&#039;elle a tra&icirc;n&eacute;. Tra&icirc;ner ne convient qu&#039;&agrave; une mercenaire gagnant sa vie &agrave; la sueur de son front. Chez soi. Et quel chez soi? des greniers ! Le chez soi de la Mouche, ce sont les palais, c&#039;est la table m&ecirc;me de Jupiter.<br />
(7) Mais, ma mignone. C&#039;est le ton insultant de la protection. (8) Avez-vous dit ? Cette r&eacute;plique de la Fourmi laisse voir toute<br />
la patience qu&#039;elle a &agrave; &eacute;couter. Sa r&eacute;ponse est un petit chef-d&#039;&oelig;uvre de pr&eacute;cision, de dialectique et de v&eacute;ritable &eacute;loquence.<br />
(9) Et quant &agrave; go&ucirc;ter la premi&egrave;re, etc. Croyez-yous qu&#039;il en vaille mieux, etc. Ces vers laissent quelque<br />
chose &agrave; d&eacute;sirer du c&ocirc;t&eacute; de la correction. Quant &agrave; ne se joint qu&#039;&agrave; un substantif. Il en vaille est surann&eacute;. Dans le vers d&#039;apr&egrave;s, aussi font, il faudroit ainsi. Mais y a-t-il des fautes au milieu de tant de d&eacute;tails enchanteurs ?<br />
(10) Sur la t&ecirc;te des Rois et sur celle des Ane.Seroit-ce la rime qui auroit command&eacute; ce rapprochement ignoble et injurieux<br />
m&ecirc;me dans les pr&eacute;f&eacute;rences qu&#039;il &eacute;tablit? Quand Horace a dit:<br />
Pallida mors aequo puis&acirc;t pede<br />
Regemque turres pauperumque tabernas; Ce sont les extr&ecirc;mes qu&#039;il met en opposition ; et c&#039;&eacute;toit l&agrave; le mod&egrave;le que le po&egrave;te auroit pu suivre.<br />
(11) Vous fassiez sonner vos m&eacute;rites. M&eacute;rite ne s&#039;emploie plus au pluriel qu&#039;en style de d&eacute;votion ; les m&eacute;rites de la Sainte Vierge; c&#039;est une perte pour la langue. Voyez comme ici vos m&eacute;rites rel&egrave;ve le sarcasme du reproche.<br />
(12) Les Mouches de Cour, Les factieux. Les Mouchards.Espions ; parce que, comme les Mouches, ils vont thercher pff tout leur p&acirc;ture. (V. M&eacute;nage et Le Ducbat, Notes sur Rabelais( T. II. p. 166. &eacute;d. d&#039;&Agrave;mst. 1726.)<br />
Marie a substitu&eacute; une Abeille &agrave; la Fourmi employ&eacute;e par Ph&egrave;dre et La Fontaine. M. Legnmd lui en a fait un m&eacute;rite. &laquo; S&#039;il est pardonnable, dit-il, &agrave; l&#039;Abeille de se donner des louanges, ou ne le pardonnera point &agrave; la Fourmi , insecte aussi incommode et tout aussi inutile que la Mouche&raquo;. (Fabliaux, T. III. p. 338.) Qu&#039;im porte, dirons-nous au savant &eacute;crivain ; qu&#039;importe ce genre de m&eacute;rite au fabuliste , pourvu que les caract&egrave;res qu&#039;il pr&ecirc;te &agrave; ses personnages, soient justifi&eacute;s par l&#039;opinion ? La sup&eacute;riorit&eacute; de l&#039;Abeille sur la Mouche est une v&eacute;rit&eacute; si triviale, qu&#039;elle ne peut &ecirc;tre disput&eacute;e par aucun insecte ail&eacute; ; au lieu que la Fourmi, animal d&#039;une autre esp&egrave;ce , piqu&eacute; bien davantage la curiosit&eacute;, et par-l&agrave; donne bien plus d&#039;int&eacute;r&ecirc;t &agrave; sa d&eacute;fense.</p>
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