4oct2009
Classé dans : Poésie
Auteur : FJ
Deux mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé,
L’autre portant l’argent de la gabelle.
Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
Il marchait d’un pas relevé,
Et faisait sonner sa sonnette :
Quand l’ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l’argent,
Sur le mulet du fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein et l’arrête.
Le mulet, en se défendant,
Se sent percer de coups ; il gémit, il soupire.
" Est-ce donc là , dit-il, ce qu’on
m’avait promis ?
Ce mulet qui me suit du danger se retire ;
Et moi j’y tombe, et je péris !
- Ami, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi :
Si tu n’avais servi qu’un meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade. "
Les deux Mulets
Poèmes de Jean de La Fontaine
Citations de Jean de La Fontaine
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dicocitations
5 octobre 2009 Ã 7:41
Deux mulets chargés chacun d'un pesant fardeau marchaient ensemble dans un même chemin. L'un portait des sacs d'argent, l'autre d'orge. [...] Celui donc qui avait été volé déplorant son malheur, l'autre lui dit :
- Certes je me réjouis du mépris qu'on a fait de moi, puisque je n'ai rien perdu, et que je n'ai pas été blessé.
dicocitations
17 octobre 2009 Ã 8:03
Commentaires et observations diverses de MNS Guillon sur les fables de La Fontaine… – 1803.
Début simple, expression correcte, images vives et pittoresques, L'argent de la Gabelle, impôt sur le sel remontant jusqu'au règne de Philippe de Valois, peut-être même jusqu'à celui de Philippe Long. La clameur publique en sollicitoit la suppression enfin consentie par Louis XVI. — D'un pas relevé. C'étoit bien là le therme propre, le seul convenable à la marche étudiée du glorieux Mulet.
Champfort substitue, d'un pas dégagé : ces expressions ne resemblent ni pour l'harmonie, ni pour la justesse. — Et foisant sonner sa sonnette. Le poète français avoit à lutter contre l'harmonie imitative de ce vers de Phèdre: k
Clarumque jactans tutinnabulum. Sur le Mulet du fisc, ou trésor public. — Et moi j'y tombe et j'y péris. D'autres leçons portent : je péris. — En riant de la sotte. jactance de l'animal, on s'attendrit sur sa catastrophe ; il interesse encore par son courage à se défendre. C'est dans ce style moitié grave et moitié badin , que Marot rappelle la tragique aventure de Semblannçay, dans son Elégie sur la mort de ce riche infortuné. (Oeuvr. T. I. page 85. )
Et c'est-là une des sources de cette naïveté fine et piquante, le vrai caractère de son esprit, que notre fabuliste tenoit et de la nature et de l'imitation des anciens.